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La prévention en santé est un ensemble d’actions menées dans le cadre de l’amélioration de la qualité de vie des communautés. Elle consiste en des mesures destinées à réduire les incapacités, les invalidités, les inconvénients et à améliorer la qualité de vie. Le moyen de prévention le plus efficace est la prévention primaire. Elle prend en compte l’hygiène corporelle et celle du milieu, c’est-à-dire le lavage des mains avec de l’eau et du savon, la consommation des fruits et légumes propres, l’assainissement du milieu. Selon l’OMS (1999), on peut arriver à prévenir et à contrôler les infections en préconisant trois niveaux de prévention d’une maladie, à savoir :
- Prévention primaire, ensemble des mesures visant à éviter ou réduire sa survenue ;
- Prévention secondaire, ensemble des interventions qui cherche à diminuer sa prévalence ;
- Prévention tertiaire, ensemble des mesures qui agissent sur ses complications pour éviter les risques de récidive et assurer une bonne gestion de sa chronicité.
Les trois niveaux de prévention s’appliquent aussi bien aux maladies infectieuses qu’aux maladies transmissibles et non transmissibles.
Le concept « One Heath » ou « Une Santé », consiste en une prise en compte holistique des trois dimensions humaine, animale et environnementale (OCEAC, 2022). Ainsi, deux approches de la santé sont souvent associées conjointement à savoir la prévention de la maladie et la promotion de la santé ((PromoSanté, 2017) ; (Unisanté, 2023)). Malgré les efforts et les actions des acteurs à différents niveaux, la prévention des maladies ne rassure pas totalement. Plusieurs pathologies qui pouvaient être évitées en amont continuent à faire des ravages au sein des communautés. En conséquence, on se pose la question de savoir pourquoi, en dépit des politiques et des discours favorables à la prévention des maladies, l’humanité continue à vivre une situation sanitaire préoccupante ? Pourquoi les actions prophylactiques ne produisent-elles pas toujours des résultats probants et significatifs ?
La mobilisation communautaire est un processus en vertu duquel des groupes locaux reçoivent de l’assistance afin de définir et exprimer leurs besoins et objectifs, en agissant de façon collective à les satisfaire et les réaliser. Elle est intimement liée aux concepts de la participation et de la résilience (ARC, 2021). Chaque individu ou communauté a le droit de s’autodéterminer et de s’assumer, dans la mesure du possible.
Selon Fourier et Potvin (1995), la participation communautaire est une dimension importante des stratégies de développement. Elle est une composante fondamentale des interventions de santé et est systématiquement associée aux soins de santé primaires. Pour Promo Santé (2022), la mobilisation des membres de la communauté et leur participation constituent l’un des principes phares de la promotion de la santé, mentionnés dès 1986 dans la Charte d’Ottawa. Que ce soit au niveau politique ou associatif, la démarche participative se déploie en tout lieu comme un indispensable dans les pratiques.
La participation est donc définie comme un processus social où un groupe d’individus ou organisations communautaires prennent part à l’identification de leurs besoins, aux processus décisionnels et à l’établissement des mécanismes pour répondre à leurs besoins en termes de santé et de bien-être (Promo Santé, 2022; Monekosso, 2004; Kondji Kondji, 2022). Elle repose sur des relations efficaces et authentiques avec les membres de la communauté, qui ne sont plus perçus comme des bénéficiaires de services, mais comme des partenaires dans la co-construction d’actions.
L’autonomisation, encore appelée « empowerment » (OMS, 2022), est une approche communautaire et participative de la santé qui constitue un levier de développement social. Elle désigne le processus d’habilitation (enabling) qui permet aux communautés de développer le contrôle sur leur vie. Ses pratiques sont portées par des valeurs d’entraide, de solidarité et de lutte contre les exclusions (Houéto et Laverack, 2014). Cette approche communautaire renvoie à un état où la communauté est capable d’agir en fonction de ses propres choix et où elle favorise le développement du pouvoir d’agir de ses membres. Qu’est-ce qui pourrait donc justifier l’inopérationnalisation de la mobilisation, de la participation et de l’autonomisation communautaires ?
La notion de développement communautaire reste un sujet d’un grand intérêt. Les conditions nécessaires à la santé passent par l’éducation, l’information, les relations sociales et la reconnaissance dans l’appartenance à une communauté. Il est question dans cet axe de ressortir tout ce qui concourt à l’amélioration de la qualité des conditions de vie, des activités d’intervention pour le développement des communautés. La plupart des approches du développement communautaire se concentrent sur les besoins des communautés.
Qu’est ce qui pourrait plomber le développement communautaire pourtant considéré comme un frein et un handicap au vivre ensemble tant recherché en vue de rétablir la cohésion sociale ? Comment peut-on procéder en vue de promouvoir un véritable développement communautaire qui garantit la stabilité, la paix et l’unité des communautés?
La pratique infirmière est un domaine des sciences infirmières qui se structure autour de plusieurs axes tels que les soins infirmiers cliniques, la santé communautaire, la promotion de la santé, la prévention des maladies et des blessures, la protection de la santé, la surveillance de la santé et les mesures et interventions (Association Canadienne de Santé Publique, 2010 ; Canadian Nurses Association, 2018).
Les infirmières et infirmiers sont généralement des professionnels de santé qui œuvrent nécessairement dans les soins de première ligne, c’est-à-dire assure l’interface entre le système et les communautés e en stratégies avancées. Nous notons qu’au Cameroun, la pratique est hospitalo-centrée. Les infirmiers sont confinés dans les formations sanitaires seulement au lieu de se retrouver en communauté aussi. Le personnel infirmier a un double rôle auprès de la personne malade en clinique mais aussi auprès de celle non malade en communauté. Malheureusement, il s’avère que ce dernier n’est pas visible à cause de la nature du système de santé. La prévention des maladies, la communication, la sensibilisation et même les consultations du bien-être sont reléguées aux bons soins des agents de santé communautaires.
A quel niveau donc se situe-t-il le processus de réalisation des actions infirmières au sein des communautés ? Quels sont les défis majeurs qui rendent fastidieuses les actions du personnel infirmier ?
L’environnement a toujours joué un rôle sur la santé avec qui il est inévitablement lié. Pour mieux appréhender la relation qui existe entre les deux, il est question de définir l’environnement qui est tout ce qui nous entoure : la qualité de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons et des aliments que nous mangeons, ainsi que les objets que nous utilisons, le bruit que nous subissons sont autant de facteurs qui influencent notre santé de manière positive ou négative (Nkoum & Ngo Likeng, 2023).
Les activités humaines ont un impact sur la santé. Certaines telles que le développement urbain ne peuvent se faire sans destruction de la nature, l’industrialisation, la construction des routes, des barrages, des chemins de fer, l’évolution des technologies pour ne citer que ceux-là. Ainsi, l’action de l’homme produit abondamment des déchets polluants l’environnement physique. Elle détruit, en conséquence, la flore et la faune et par ricochet, les terres cultivables, l’alimentation, l’air….
Il est démontré que les activités humaines sur l’environnement donnent lieu aussi bien aux maladies non transmissibles tels que les cancers, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires, les maladies mentales ; mais aussi aux maladies émergentes et ré- émergentes. La pollution est l’un des plus graves problèmes environnementaux (Institute for Health Metrics and Evaluation, 2019).
WASH est un terme générique désignant collectivement l’accès à l’eau, l’assainissement, et l’hygiène (INEE, 2023). L’eau potable n’est qu’une partie de la stratégie globale qui vise des changements sanitaires durables dans les collectivités rurales et les situations d’urgence. Elle permet d’obtenir de grands avantages en matière de santé et d’éliminer pratiquement les maladies d’origine hydrique, améliorer l’assainissement et l’hygiène qui devraient être apportées parallèlement à l’accès à l’eau potable (INEE, 2023). Selon l’OIM (2023), les interventions dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) sont conçues pour permettre un accès vital, durable et à long terme à l’eau potable et à l’assainissement, tout en faisant la promotion de bonnes pratiques d’hygiène qui réduisent le risque de propagation des maladies transmises par l’eau. Ces interventions soutiennent les capacités et la résilience des communautés face aux chocs et aux facteurs de stress futurs imprévus.
Le constat est visible : notre environnement continue à drainer et à contaminer de nombreuses maladies aux humains. On peut donc se demander quelle est la portée des actions menées jusque-là, en vue de réduire les effets nocifs de la mauvaise gestion de l’écologie sur notre santé ? Les interventions visant l’accès à l’eau potable et l’assainissement du milieu de vie ont-elles eu des résultats escomptés ? Quels pourraient être les obstacles et les défis à relever pour juguler les questions d’assainissement de l’environnement ?
La promotion de la santé est au cœur de la pratique en santé publique. Elle est le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci, (PromoSanté, 2017). Elle est donc le processus qui facilite le relèvement des indicateurs de santé et qui traduit la solidité d’un système de santé dans un contexte de démocratisation et d’autonomisation des soins de santé.
Selon la Charte d’Ottawa (Agence de la santé publique du Canada, 1986), les activités de promotion de la santé sont les suivantes :
- la sensibilisation aux dépendances et prévention, notamment quant aux drogues, à l’alcool, au jeu et au tabagisme;
- la prévention des blessures et promotion d’un mode de vie actif;
- le mieux-être nutritionnel, incluant les saines habitudes alimentaires, l’alimentation pour un rendement optimal et la gestion du poids;
- le mieux-être social, y compris la gestion du stress, la gestion de la colère, la sensibilisation et la prévention en matière de violence conjugale, les relations saines, la santé mentale et la sensibilisation contre le suicide;
- la promotion de modes de vie sains.
Pour ce qui est du volet nutrition, il est décrit comme l’ensemble des processus par lesquels les êtres vivants transforment et utilisent les aliments afin d’assurer leur croissance et leurs fonctions vitales. Une mauvaise nutrition peut entraîner un affaiblissement de l’immunité, une sensibilité accrue aux maladies, un retard de développement physique et mental et une baisse de productivité (Demate et Kinsa, 2019). Il est bienvenu de définir les problèmes nutritionnels d’une communauté et leurs facteurs d’influence, en vue de développer des interventions pertinentes pour améliorer la santé nutritionnelle, dans un contexte de promotion de la santé. L’adoption d’une alimentation saine repose sur plusieurs éléments du contexte de vie des individus tels que l’environnement familial, économique et socioculturel.
Au demeurant, la promotion de la santé demeure un chantier immense et nécessitant les efforts de l’ensemble des acteurs de la santé. Les questions à se poser sont les suivantes : pourquoi la qualité de vie, des comportements et de l’alimentation n’évoluent pas vers le degré souhaité ? Pour quelles raisons, nos sociétés continuent-elles à être le théâtre de plusieurs désastres et incongruités sanitaires multiformes ? Quels sont les facteurs qui exposent quotidiennement les êtres humains à continuer à vivre ces atrocités sanitaires malgré les programmes et politiques?
La notion de genre, comme première partie de cet axe, est un vocable ancien et polysémique. Il a fait l’objet d’une conceptualisation qui met en exergue son caractère arbitraire. Il relève essentiellement d’une construction sociale et psychologique, susceptible d’être remise en cause (UNESCO, 2018). Le genre désigne donc les processus et rapports sociaux qui divisent l’humanité en différentes identités biologiques et catégorisations sociales de « sexe ».
Les inégalités sociales sont des différences entre individus ou groupes sociaux portant sur des avantages ou des désavantages dans l’accès à des ressources socialement valorisées (Bihr et Pfefferkorn, 2008). Elles sont, selon l’OMS (1948) : « des écarts injustes et importants que l’on enregistre au sein d’un même pays ou entre les différents pays du monde ». Elles sont causées par des événements sociaux tels que le veuvage, la répartition des pouvoirs, les politiques de santé, l’accès équitable à des ressources de tout genre, la mortalité maternelle, les mariages précoces, l’hygiène intime de la femme, etc.., et les déterminants sociaux de santé.
Jamais, les violences basées sur le genre n’ont eu un tel écho et des exactions de tout genre comme ces derniers temps au point où l’on pourrait se demander quelle est l’origine de la recrudescence de cette situation ? Pourquoi nos sociétés sont-elles devenues le théâtre des exactions genrées ? Pourquoi la prise en compte des inégalités sociales, l’accès équitable aux biens et services publics demeurent-t-ils un véritable leurre ? Pourquoi les discours et programmes de santé ne sont orientés que vers les femmes ? Nous avons certains points sensibles tels que :
- les représentations sociales de l’infertilité, l’hypofertilité, les soins de santé de l’enfant, les limitations de naissance ;
- la prise en charge de la femme enceinte qui demeure une injustice sociale ;
- l’accès à un accouchement sécurisé gratuit et,
une contraception masculine perçue comme une injustice sociale…
